Un jour en ça, un jour en là.
« Ils sont peut-être fous, il sont peut-être cons, à 23 ans ils rêvent encore ! ! »
Juin 2001. La chaleur papillonne autour des maisons HLM de Méry sur Oise. Nous sommes assis nonchalamment dans une petite cuisine aux couleurs de Provence, et discutons de manière débridée autour de cookies fait maison et d’un bon verre de lait. La cuisine résonne des poêles alignés sur le mur, du cadre rectiligne d’une table en bois massif et de la dureté d’un banc d’écolier, époque 1950. Les cartes du monde tapissant les murs font planer une odeur de flânerie gaie et incontrôlée.
Soudain l’œil d’un de nous reste accroché sur une des cartes qui représente le continent Américain en entier, Nord et Sud. Le regard brillant, ce dernier se tourne vers l’autre et lance une phrase comme on en dit des milliers et qui reste souvent sans conséquence : « Et si on traversait les Amériques du Nord au Sud pendant un an ! » A peine ces mots avaient-ils été prononcés que la carte se met subitement à se transformer, à s’animer et à prendre vie. A travers nos yeux étincelants ce n’est plus une carte que nous voyons, c’est un univers de possibilités, de bonheur, d’aventure, c’est des milliers et des milliers d’idées, d’envies, de projets et de rencontres. En une fraction de seconde l’espace-temps s’est entrouvert pour donner naissance à un rêve, notre rêve.
2001 - 2006 : Pendant plusieurs années ce rêve à été ballotté, transformé, débattu, raillé, métamorphosé, encensé, rénové,… mais il a tenu bon.
13 octobre 2006 : Nous embarquons à 3 dans un avion en direction de Montréal au Canada. Notre objectif-espoir-envie est de déambuler jusqu’à Buenos Aires en Argentine sur une période de 7 mois pour se faire plaisir entre amis et aller à la rencontre d’autres personnes, pays et cultures.
Comme le dit Ridan dans une de ses chansons, « Il est peut-être fou, il est peut-être con, à 25 ans il rêve encore ! » Et oui, nous avons parfois l’impression que rêver est devenu, selon beaucoup, un luxe réservé aux enfants et il semble normal que la vie nous apprenne à ne plus rêver. Comment faire alors quand on est de doux rêveurs, passant une grande partie de notre temps à faire de grands projets, à imaginer un monde plus juste, du bonheur pour nos proches, pour nous, pour le monde ? Comment faire quand sans cesse une nouvelle idée jaillie de l’ébullition de l’amitié, venant nous faire vibrer, donnant du sens à nos pas décousus ? Comment faire enfin quand non contents de rêver, plus encore nous importe d’essayer de réaliser ces rêves ?
« Rêveurs », « Fous », « Décalés », « Utopistes », « Amis »,… les mots dans cette veine n’ont probablement jamais manqués pour décrire Ignace, Sebastien ou Martin. Il est vrai que les idées n’ont jamais manqué, les projets plus fous les uns que les autres ayant toujours fusé avec une imagination folle…
De fait,
nous croyons en l’amitié,
nous rêvons,
nous voulons vivre notre vie à fond,
Et,
Nous nous efforçons de réaliser nos rêves !
Pour nous l’Amérique est la suite de ce rêve. Un rêve fait d’amitié, de rencontres, de partage, de folie, de rires, d’émotions, d’espoir, un rêve fait d’ambition, de fougue, de détermination, un rêve fait de valeurs, un rêve qui traduit nos convictions les plus profondes, un rêve qui nous définit.
Ce départ n’est pas seulement l’histoire d’un voyage, d’une traversée, d’un pèlerinage, c’est l’accomplissement de trois frères de vie, leur envol, la concrétisation de ce qui les fait vibrer : nous avons soif d’apprendre, de rencontrer, nous avons soif d’inconnu, d’imprévu, de beautés, nous avons soif d’amitié.
C’est donc ce rêve débuté il y a 5 ans au cœur de notre amitié, aux derniers pas de notre vie de lycéens que nous nous apprêtons aujourd’hui à vivre.
Il a vu le jour en toute simplicité, comme tous les autres projets que nous avions eu jusque la, comme si nous l’avions toujours porté en nous, si vite partagé qu’au premier regard vers l’autre on avait compris ce qu’il serait, ce qu’il impliquerait, on avait compris qu’il se réaliserait ou du moins qu’on ferait tout pour.
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