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13 février 2007 2 13 /02 /février /2007 18:01

Après deux semaines au Pérou, les demandes se font de plus en plus pressentes pour que nous donnions quelques nouvelles…

 
Il est toujours difficile de savoir quoi dire quand chaque jour que nous vivons ici est incroyable et mériterait un message à part entière…
 
Nous allons donc vous expliquer en deux mots ce que nous faisons ici, puis laisser la parole au Péruviens que nous avons rencontré et aux photos que nous avons prises…
 
Après un passage rapide par la capitale Lima – où nous avons été accueillis de manière très sympa par Marie-Hélène et Jacques Ogier
 
 
nous avons donc pris un bus pour un trajet de plus de 22h, d’abord coincés entre l’océan pacifique et le désert…
 
…puis a l’assaut des Andes, le tout pour nous amener au petit matin à Andahuaylas, ville des Andes située à 2900 mètres au dessus du niveau de la mer. Là-bas, nous attendaient des paysages fabuleux de montagnes verdoyantes, de villages paysans andins et surtout Raul avec sa gentillesse et son énergie.
 
Raul est un péruvien originaire d’Andahuaylas qui en 1971-1972, est allé faire une année d’étude à Bruxelles. Par le biais d’un groupe d’étudiants étrangers, il a été mis en contact avec une famille belge pour passer les fêtes de Noël. Cette famille, c’était la famille Tonglet. Raul a ainsi passé Noël, puis des dimanches en famille avec les grands parents de Martin et leurs enfants. Une amitié s’est créée, amitié qui, plus de trente ans après, perdure et vie, par le biais du courrier, du téléphone et en ces jours, par notre présence au sein de la famille de Raul.
 
Raul nous avait préparé un programme bien chargé pour nous permettre de découvrir avec lui sa vie, sa famille, ses amis, sa ville et les montagnes fabuleuses qui l’entourent.
 
Au programme : rencontre avec le peintre et ami d’ATD Alejandro, visite de la vallée du Chumbao où se trouve la ville, pic-nic en famille dans une forêt d’eucalyptus,
 
visite de la pisciculture que Raul a créé à son retour de Belgique il y a trente ans avec l’aide d’amis de Malines.
 
 
Visite des ruines de Sondor et du lac de Pacucha, le village ou vit la mère de Raul,
 
dégustation en famille du repas traditionnel péruvien, le Cuye (le cochon d’inde), et oui !!
...match de foots et ballades en montagne à plus de 3000 mètres.
 
Visite aussi de l’association Solaris Peru, avec laquelle Raul travaille. Cette association se veut un moteur pour tenter de promouvoir divers projets locaux qui visent à développer les capacités de chacun pour gérer et améliorer le quotidien dans son lieu de vie.
 
Par ailleurs, Raul et sa femme travaillent aussi avec des femmes dans des villages paysans. Ils leur fournissent de la laine à bas prix en leur avançant l’argent de façon a ce qu’elles puissent tricoter des pulls et les vendre.
 
Au gré de nos rencontres avec les personnes que nous présentait Raul, nous avons recueillis quelques paroles qui nous semblent importantes à transmettre :
  
« Depuis la colonisation, l’école nous a appris une culture qui n’était pas la notre. Nos enfants ont été acculturés. Aujourd´hui je travaille avec les enfants pour les aider à se réapproprier notre culture. Par exemple, les écoles ne veulent enseigner que l’espagnol, alors que nous voulons que nos enfants sachent d’abord parler Quechua et après espagnol. »
 
 
« On dit que le Pérou est très pauvre, mais quand j’ai eu la chance d’aller aux Etats-Unis je me suis rendu compte qu’ils étaient beaucoup plus pauvre que nous. J’ai rencontré là-bas une pauvreté violente, de la rue. »
 
« Nous sommes allés demander au gens du Pérou « Qu’est-ce que la pauvreté pour vous ?  » Dans la ville les gens ont répondus que la pauvreté pour eux était de ne pas avoir d’électricité, d’eau courante, de voiture,… Que des choses matérielles. Dans la campagne, les gens ont répondus « pour moi la pauvreté c’est que mes animaux soit malades, ou de ne pas avoir d’animaux, mais je les ai, alors je ne suis pas pauvre.  » Nous nous apercevons que les enfants en ville manquent plus d’affection qu’à la campagne. En effet en ville les parents délaissent leurs enfants pour aller travailler et après ils disent « Mais je ne comprends pas, je leur achète tous ce qu’ils veulent à mes enfants, pourquoi ne sont-ils pas heureux ? » (Tiens c’est marrant cela nous rappelle étrangement quelque chose sur notre propre société…) Mais plus que des objets les enfants veulent de l’affection et de l’écoute. A la campagne, les enfants accompagnent toujours leurs parents : pour garder les vaches, travailler dans les champs,… Ils sont donc mal habillés, ils travaillent plus, mais ils reçoivent plus d’attention et d’affection. »
 
« Ce sont des espagnols ou des péruviens formés à l’espagnol qui ont écrit l’histoire du Pérou. Donc ils ont copiés leur propre histoire qui était faite de conquêtes, de guerres incessantes,… Or dans les faits, l’histoire du Pérou est faite aussi de longues périodes de paix et de prospérité mais les espagnols en ont fait abstraction… »
 
« Beaucoup d’associations et d’ONG ne respectent pas la culture andine. Par exemple une association de parrainage d’enfants Espagne-Perou a décidé de vêtir tous les enfants dans la même couleur alors que normalement les enfants péruviens se vêtissent de toutes les couleurs. Une autre association a décidé de construire une école avec un sol en béton et un toi en fer pour faire moderne. Résultats le sol de l’école était très froid. Or ici les enfants vont souvent pieds nus et ils n’osaient donc pas aller à l’école de peur d’attraper froid. »
 
 
 
Voici par ailleurs le lien vers un projet intéressant que nous avons visité ici a Andahuaylas : http://www.munay.eu/
 
 
Bon sur ce on vous laisse. Hasta luego ou « Ratoukama » comme on dit en Quechua.
 
Chapaco, Nacho y Martín.

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commentaires

Agathe 25/07/2008 23:35

Heyy Heyy!! Trop sympa vos photos!!! Bises-Agathe-

Sebigma 04/07/2011 13:42



Thanks



kevin boulanger 13/02/2007 21:54

impressionant, comme d'habitude
Kev
PS: Martin tu sais ramener qql Cuye, car je n'ai pas perdu l'appétit et ca ma donné fin. Si par la meme occase tu pouvais reprendre le Lama que j'ai vu sur la photo >> pour Marina, en échange de ma plainte et d'une latte de lit